Les histoires déménagent

Après cinq mois de chroniques et croquis de la justice ordinaire, "Histoires de prétoire" change d’adresse… Et se conjugue désormais au pluriel ! Hébergées sur Liberation.fr, les nouvelles "Histoires de prétoires" (avec un s, donc) sont à découvrir ici :

pretoires.blogs.liberation.fr

À commencer par celle d’un jeune cambrioleur récidiviste tracassé par l’absence de son père sur les bancs du public…

Complot contre un cabot ?

Si le choix fait les amis, le sort, lui, fait les voisins. Catherine doit avoir la poisse : les siens, ils lui "font toujours des problèmes".

Situation. Le voisinage

Catherine vit seule avec un fils trop grand à charge, 1300 € par mois et un gros chien. "Comme ça", dit-elle en baissant sa main à hauteur de genou. Elle l’assure, le molosse est doux comme un agneau, d’ailleurs il n’est pas répertorié sur la liste des chiens dangereux. Quand elle sort avec son animal, elle ne juge donc pas utile de l’affubler d’une muselière et le laisse volontiers gambader sans laisse.

Le couple D., qui habite à côté, hait le cabot : il aboie et il fait peur. Dix ans que ça dure. Une pétition circule, que le voisinage signe à l’envi. Pour Catherine, c’est un acharnement en règle : le toutou n’a jamais montré les crocs, c’est Mme D. qui "fait tout pour l’exciter et le faire aboyer". Car le couple D. la déteste, elle aussi. Par le passé, il y a eu deux médiations devant le tribunal. Sollicitées par Catherine. Ça n’a pas suffi. Que voulez-vous, quand on ne peut pas se voir et qu’on habite à côté…

Élément perturbateur. La morsure

Un jour de mars, monsieur D., boucher de son état, se fait rogner le lard du mollet devant sa porte. C’en est trop : il porte plainte. Catherine, propriétaire du canin aux canines baladeuses, est citée à comparaître devant le tribunal correctionnel de Lille. À la barre, elle n’en démord pas : oui, c’est vrai, son animal n’était pas en laisse. Mais elle ne l’a jamais vu attaquer son voisin ; s’il trottait comme il le prétend "dix mètres devant son maître", elle aurait dû, non ?

Non, ce qui s’est passé, c’est que le boucher s’est charcuté au boulot et qu’il a transformé sa blessure en atout, trop content de se débarrasser de son encombrante voisine. Elle le dit tout de go, et cela paraît tellement énorme qu’un appétit de chien n’en viendrait pas à bout.

Coup de théâtre. Soupçons de complot

Pourtant, plusieurs éléments dans le dossiers viennent étayer la thèse de l’entourloupe :

1) Monsieur D. s’est rendu dans deux hôpitaux différents, le premier examen n’ayant pas révélé que la blessure provenait d’une morsure.

2) Monsieur D. n’a pas jugé utile d’aller se faire vacciner contre la rage, or la précaution est obligatoire en cas de morsure canine.

La victime n’est pas là pour donner sa version des faits, et cela fait un soupçon de plus : ne dit-on pas que les absents ont toujours tort ? La prévenue, elle, a des larmes plein les joues et le poids de dix ans de bisbilles dans la voix. Catherine n’a pas de casier, son animal aucun antécédent de violence connue. Dans le doute, le parquet demande la relaxe. Monsieur D. peut s’en mordre les doigts…

Dénouement. Inachevé…

N’ayant pu assister au rendu du jugement, je ne sais si la prévenue a finalement été relaxée. Mon appel au TGI de Lille s’est soldé par un sec "nous ne communiquons pas ce type d’information par téléphone". Regrettable, les jugements des audiences publiques étant censés, eux aussi, être publics… Chienne de vie !

C’est le geste qui compte

R., 23 ans, fait plutôt bonne figure. Discret, propre sur lui. Au chômage, mais sur le point de débuter une formation de plaquiste. Sevré depuis quelques mois des pétards dont il était accro. L’alcool ? Il n’en boit goutte. En entrant dans le box du tribunal correctionnel de Lille, son visage poupin s’est fendu d’un sourire à la vue de son avocate, qu’il a saluée d’une franche poignée de main.

Mais R. comparaît pour violences conjugales. Quatrième cas en quatre comparutions immédiates, cet après-midi là. Face à lui, une procureure particulièrement sensible à la question – je le sais pour l’avoir déjà entendue requérir sur ce type d’affaires. Et un casier judiciaire qui le met en état de récidive légale.

Le cas de R. est assez (et malheureusement trop) banal. Un couple fluctuant, des soirées d’orage, des atermoiements, des armistices. En janvier 2011, un coup de trop envoie le jeune homme devant la justice. La rupture est consommée. Le tribunal interdit R. de revoir sa compagne.

En juillet, pourtant, ils se recontactent. Selon R., sa copine lui a assuré que "le juge d’application a levé l’interdiction". Rendez-vous est pris chez elle, à Armentières. Mais parce qu’il découvre qu’elle en voit un autre, le ton monte, et le "grand gaillard musclé", tel que le décrit le président, lève la main et frappe la jeune femme. Le lendemain, et cela ne va pas plaider en sa faveur, R. déverse son amertume par texto à une de ses copines :

J’veux juste la voir défigurée comme elle me l’a fait.

Pour sa défense, le prévenu assure ne pas avoir frappé fort : "Une tape du revers de la main." Et le dossier pourrait lui donner raison. Pas d’ITT. Pas de certificat médical. Seule, une photo de la victime que le tribunal examine avec scepticisme. "Effectivement, on ne voit pas grand chose… C’est peut-être le maquillage", note le président.

L'avocate de R. pendant les réquisitions

Mais pour le parquet, peu importe la manière : R. a violenté sa compagne, et ce n’est pas la première fois. Récidive légale, cela signifie peine-plancher, un an de prison. Peu importe également qu’il clame que ses trois mois de détention provisoire l’ont "fait réfléchir" et qu’il jure qu’il "n’entrera plus en contact" avec sa désormais ex-compagne. Pour le tribunal, le ministère public est le plus convaincant. Pas de bonne figure qui tienne : c’est le geste qui compte.

Trois histoires de justes dans le n°17 de XXI

Je désespérais de jamais lire d’histoires de justice dans la revue XXI. Parce qu’on a coutume de les trouver entre les pages des titres racoleurs, traitées sans nuances et assimilées à un déballage obscène, un voyeurisme malsain. Aux antipodes de ce trimestriel de grands reportages, sur lequel le tapage de la presse à scandale n’a pas prise.

Le dernier numéro, paru il y a quelques jours, m’a donné tort. Sur la couverture, un avocat au sourire timide et au regard empreint de certitudes. Histoires de justes, annonce le titre. Un triptyque de destins à jamais ébranlés par un passage dans le prétoire. Hommes et femmes effroyablement ordinaires. Professionnels et profanes. Coupables et victimes. Mêlés au mal et à la manière dont les hommes tentent de le compenser en lestant l’autre plateau de la balance.

En traitant l’information judiciaire par le prisme trop souvent évincé de l’humanité, XXI rend au genre ses lettres de noblesse.

*XXI, n°17, hiver 2012. 15,50€, en vente en librairies.

Ménage, amour et héritage

Peut-on éprouver des sentiments sincères pour un vieil homme de 26 ans son aîné qui met facilement la main au portefeuille ? Oui, jure sa compagne à la barre du tribunal correctionnel de Lille. Non, clament les enfants du défunt, dépossédés de leur père et de son héritage.
D’ordinaire, ils seraient sûrement passés sans la voir. Elle aurait entendu leurs chaussures cirées claquer sur le sol bétonné du palais de justice, toute occupée qu’elle était à le briquer. Aujourd’hui, la femme de ménage requiert toute l’attention des magistrats. Elle n’est pas entrée dans le prétoire pour l’entretien. Mais pour un entretien. À la barre. Face à ses juges.

C’est une petite femme grise, pas vraiment une beauté, avec son nez busqué et son menton en galoche, même si certains détails indiquent un certain souci de l’apparence – coupe courte aux reflets auburn, pendants d’oreilles, montures de lunettes dans l’air du temps. Dans son dos, le regard des héritiers. Lourd comme le mépris qu’ils lui portent.

Ménages

Comme tous les enfants, elle a eu un père. Comme les plus chanceux, elle partageait avec lui un "lien très fort". Comme les moins chanceux, elle l’a perdu jeune. Elle s’est mariée tôt, aussi : un homme rencontré à quinze ans. Trente-cinq sont passés avant qu’elle ait le courage de le quitter. Entre temps, il y a eu huit enfants, et des soirées d’alcool et de coups.

Puis il y a eu ce veuf, de 26 ans son aîné, chez qui elle faisait des ménages. Elle l’a pris en affection, il lui rappelait son père. Comme Oedipe n’est jamais très loin, la substitution paternelle s’est muée en passion. Lui, retrouvait la femme qu’il avait perdue. Elle, effleurait enfin le bonheur. Leur histoire a duré huit ans. Jusqu’à ce que la mort de l’homme les sépare, en 2008.

Les six enfants du veuf n’ont pas eu vent de cette relation. Les cadeaux que leur père faisait à sa femme de ménage ne leur ont pas mis la puce à l’oreille : "Papa a toujours été très généreux", se souvient l’aîné. Puis le père a décidé de vendre son pavillon pour s’installer seul en maison de retraite. Là, subitement, il a coupé les ponts. Sans raison évidente. Ce jour-là, quand sa fille est venue en visite et qu’il lui a demandé de partir, elle a perçu dans son dos une silhouette furtive. Celle de son ancienne femme de ménage. "Qu’est-ce qu’elle faisait là alors qu’il n’avait plus besoin d’elle ?"

Héritage

Ils n’ont pas mis beaucoup de temps à tomber d’accord sur la réponse. Cette marâtre tombée du ciel avait flatté le vieil homme de quelques mots d’amour pour s’accaparer son compte en banque. Elle les évinçait purement et simplement du cœur et du portefeuille paternel. Des affaires comme celle-là, il y en a à foison, a déclaré l’avocat chez qui le fils aîné s’est aussitôt rendu. Voyez donc les Bettencourt !

Oh, leur père ne possédait pas la fortune de l’héritière d’un empire cosmétique. Pas plus que sa compagne, le potentiel séduction d’un photographe playboy. Mais pour les enfants, c’était bien la même chose. Il s’était fait fourmi tout au long de sa vie : 70 000 € dormaient sur un compte en banque, et puis il touchait une retraite convenable, qui lui permettait aisément de payer sa pension à la maison de retraite. L’île qu’il lui offrait, c’étaient des repas au restaurant. Et des chèques. Quelques centaines d’euros par mois.

Ces chèques, c’est elle qui les écrivait, parfois même les signait. "Il me demandait de le faire parce que ses mains tremblaient", se justifie la femme à la barre. Là, c’est sa voix qui tremble. Elle parle trop fort dans le micro, comme le font les paniqués. Elle affirme que ça ne lui plaisait pas trop, tout cet argent. "Quand je refusais, il rouspétait. Il ne voulait pas le donner à ses enfants". Le restaurant, ça lui faisait plaisir. Mais on n’allait pas au Fouquet’s. Et c’est elle qui faisait taxi. Les enfants, elle insistait pour qu’il les voient. Une fois encore, c’est lui qui refusait, parce qu’eux n’auraient pas voulu d’elle.

Amour

Le problème, c’est que le vieil homme a emporté sa version des faits dans la tombe. Et le droit, dans toute sa froideur, s’avoue impuissant à juger de la qualité des sentiments. Or c’est bien à cette unique question que le tribunal doit répondre, celle que formule le procureur dans son réquisitoire : "Lui a-t-il donné des sous parce qu’il s’est fait abuser, ou étaient-ils réellement amoureux ?"

Pour requérir, le magistrat du parquet doit bien apporter des éléments de réponse, et comme il ne peut se réfugier dans un de ses gros livres rouges, ces éléments se fondent sur quelques déductions.

1) L’homme n’était ni sous tutelle, ni sous curatelle. Pour le dossier, nulle preuve indiquant qu’il n’avait pas tout ses facultés mentales, donc qu’il se trouvait en situation de faiblesse.

2) Citée comme témoin dans le dossier, la directrice de la maison de retraite a témoigné de l’affection visible que se portaient les tourtereaux, et à diverses reprises le personnel les ont surpris dans des situations équivoques.

Et puis, dans son appréciation d’être humain, peut-être le jeune magistrat est-il juste tenté de croire en la sincérité des sanglots et des sentiments que la prévenue clame à la barre : il demande la relaxe.

Le soir, la femme de ménage quitte le prétoire libre. Soulagée. Dans le combat que se livraient amour et cynisme, la justice a tranché en faveur de l’amour.

Mise au ban(c)

Hier, en entrant dans le prétoire, j’ai tenté une folie : je me suis installée sur le banc "réservé aux avocats".

Quatre raisons à cette effronterie (et je vous entends déjà dire qu’elles sont forcément mauvaises, puisque de toute façon, l’intitulé est rédhibitoire : je ne suis pas inscrite au barreau, je n’ai pas à m’installer là, point) :

1) Les bancs du public étaient pleins à craquer.

2) Une fille en civil, visiblement trop jeune pour être avocate, s’était déjà permis cette audace.

3) Placé devant les bancs du public, on y voit beaucoup mieux.

4) Il y a une table et, pour dessiner, c’est quand même plus aisé.

Pour ma défense, j’ajoute que j’avais à l’esprit de demander une permission exceptionnelle aux policiers qui, d’ordinaire, veillent à la bonne tenue des audiences. Sauf que, venue du président de la République à Lille oblige, ils étaient tous mobilisés à l’extérieur ce jour-là.

Ça n’a pas raté : sitôt assise, j’ai vu l’huissier se déplier de sa chaise et fondre sur sur le banc des avocats comme un oiseau de proie. Drapé dans sa robe noire, mains dans le dos, avec sa silhouette osseuse et ses épaules voûtées, il m’a toute de suite fait penser à ces vieux instituteurs de la République, ceux que Péguy qualifiait de "hussards noirs". Il s’est planté au-dessus de ma table. Que faites-vous ici ? J’ai éprouvé la sensation du cancre prise en faute. Avec, en même temps, le regret de ne pouvoir le griffonner, là, tout de suite, avec son visage émacié, sculpté de rides, son nez aquilin, et ses yeux perçants qui me fixaient par-dessus ses petites lunettes.

J’ai bredouillé : "Je suis journaliste… Je tiens un blog… Je fais des croquis…"

Son regard soupçonneux a fait un aller-retour de mon visage au carnet de croquis sur lequel j’avais à peine eu le temps d’esquisser trois traits. Sans répondre, il s’est tourné vers la jeune fille à côté de moi.

"Et vous ?"

"Je suis stagiaire au Palais."

Il a eu un hochement de tête, et, faisant demi-tour, m’a une nouvelle fois jeté un regard.

"Je peux m’en aller, si vous voulez…", ai-je proposé. D’une moue, il a fait preuve de mansuétude. Ça ira pour cette fois.

Les heures ont passé. Les avocats ont rempli le prétoire, investi leurs bancs. L’un d’eux s’est assis sur la banquette à côté de la mienne. Un instant, nos regards se sont croisés. Il m’a souri. Il observait mon carnet de croquis d’un œil admiratif.

L’huissier s’est approché. J’ai envisagé mon expulsion imminente. L’avocat était debout, prêt à rejoindre son client que le tribunal venait d’appeler, et qui entrait menotté par la porte des geôles. Il détaillait le croquis que je venais de terminer. L’huissier l’a salué comme un vieux copain. Son regard est retombé sur moi. Puis sur mon croquis. Quand il a relevé la tête, son visage émacié était barré d’un sourire.

J’avais gagné ma place.

Promis, jurés ?

2012, année d’une justice plus populaire ? Jusqu’alors appelés à juger les crimes, les citoyens peuvent désormais siéger au tribunal correctionnel. Mais dans les cours d’assises, l’avis des jurés pèsera moins sur la balance.


Douze hommes en colère (Twelve angry men) de Sidney Lumet (1957)

C’était une promesse de Nicolas Sarkozy : impliquer davantage les citoyens au rendu des jugements. La réforme de la justice, entrée en vigueur avec la nouvelle année, accorde une attention toute particulière aux jurés. Jusqu’à présent, les justiciables – vous et moi, en somme – n’étaient associés aux délibérations que dans les cours d’assises. Celles qui jugent les crimes – les infractions les plus graves, passibles de plus de dix ans d’emprisonnement. Neuf d’entre eux (douze en appel) siégeaient épaule contre épaule avec les trois juges professionnels.

Depuis le 2 janvier, des citoyens se rendent aussi aux audiences correctionnelles. Enfin, certaines d’entre elles : les audiences financières, jugées trop techniques, leur ont été épargnées. La délinquance en col blanc restera l’apanage des seuls juges professionnels. En outre, seuls certains tribunaux – du ressort des cours d’appel de Toulouse et de Dijon – testent actuellement la correctionnelle version "jugement populaire", à titre expérimental. Et encore, pour des audiences triées sur le volet.

Premier jugement : à Foix, lundi 2 janvier, deux jurés épaulaient les trois magistrats professionnels pour une affaire de violences conjugales. Un journaliste de l’AFP était présent dans la salle. Il a chronométré l’audience : deux heures, soit "le double de temps de ce qu’elle aurait duré devant un tribunal ordinaire". Les citoyens-assesseurs se sont éclipsé. Les magistrats professionnels ont repris les choses en main. Il restait douze affaires à traiter avant la fin de la journée.

Au même moment, dans les cours d’assises, les jurys populaires ont été tronqués d’un tiers (un quart en appel). Ils ne sont plus que six au lieu de neuf (neuf au lieu de douze en appel), au côté du triumvirat professionnel. Impliquer davantage les citoyens ? Didier Specq, chroniqueur judiciaire à Nord Éclair, en doute… Soulignant avec justesse que le nombre de jurés dans les tribunaux sera moindre, en fin de compte.

Aux assises, il va falloir se justifier

Une dernière mesure concerne les jurés. Enfin, seulement ceux d’assises, avec les trois juges qui, avec eux, forment la Cour. Au cours du procès, juste avant qu’ils se retirent pour délibérer, le président leur rappelle, en vertu de l’article 353 du Code de procédure pénale :

La loi ne demande pas compte à chacun des juges et jurés des moyens par lesquels ils se sont convaincus (…). [Elle] ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : "Avez-vous une intime conviction ?"

Ce n’est plus tout à fait le cas. Au nom de la transparence, du droit de l’accusé à connaître les raisons qui ont amené le verdict, la Cour est désormais tenue de motiver sa décision.

Exit, donc, l’intime conviction. Cette part de sentiment personnel que les jurés n’avaient pas besoin de justifier et qui, quelque part, leur permettait de se persuader que tant pis, ils n’étaient pas des techniciens, ils n’en restaient pas moins des êtres humains, et que c’était bien au nom de leur humanité qu’ils étaient légitimes à juger.

Désormais il faut expliquer. Et expliquer, juge Tefy Andriamanana, journaliste à Marianne2.fr, relève du domaine juridique, non de considérations sentimentales. Et cette tâche-là sera réservée aux experts – les juges professionnels.

Impliquer davantage les citoyens dans le rendu des jugements ?

Promis, juré.

Raté.